Depuis des années, les fans de Sword Art Online (SAO) attendent le jeu qui capturera enfin la magie et la dangerosité du monde d’Aincrad tel qu’il est dépeint dans l’anime et les romans légers. Avec Echoes of Aincrad, sorti en juillet 2026, Bandai Namco tente une nouvelle fois de relever ce défi sur PlayStation 5. Le résultat est une expérience en demi-teinte : si le jeu réussit à installer une atmosphère fidèle à la licence et propose des combats dynamiques, il pêche par une répétitivité lassante et une réalisation technique qui peine à exploiter tout le potentiel de la console de Sony.
Une Prise en Main Immersive pour les Fans
Dès les premières minutes, Echoes of Aincrad sait où il met les pieds. Le scénario, qui se déroule dans les premiers étages du château flottant, reprend les codes classiques de la survie et de la progression par paliers. La force du titre réside dans sa capacité à immerger le joueur dans l’univers : les menus, l’interface et même la sensation de « mort réelle » en cas d’échec critique sont soignés pour rappeler l’enjeu vital de l’anime.

La création de personnage est approfondie, permettant de choisir son style de combat (épéiste rapide, tank lourd, utilisateur de magie) et de personnaliser son apparence avec de nombreux équipements déblocables. Pour un fan de SAO, se promener dans les rues de la ville de départ, interagir avec des PNJ familiers (comme Kirito ou Asuna qui apparaissent dans des quêtes scénarisées) et entendre la bande-son orchestrale emblématique est un vrai plaisir. La PS5 permet des temps de chargement quasi inexistants grâce à son SSD, fluidifiant grandement la navigation entre les étages.
Un Système de Combat Dynamique mais Simpliste
Le cœur du gameplay repose sur un système de combat en temps réel, hérité des précédents opus de la franchise mais raffiné. Sur PS5, la manette DualSense est mise à contribution : la résistance adaptive des gâchettes simule la résistance de l’épée lors des parades, et les retours haptiques rythment les impacts et les sorts. C’est une bonne idée qui ajoute du poids aux affrontements.

Les combats sont rapides et demandent de l’esquive et du timing. La mécanique de « Switch » (changer instantanément de personnage ou donner un ordre à son partenaire IA) permet de créer des combos dévastateurs et briser la garde des ennemis. Cependant, passé l’effet de nouveauté, le système montre ses limites. L’intelligence artificielle des ennemis est souvent prévisible, et les stratégies se résument vite à enchaîner les mêmes combos efficaces. La variété des types d’ennemis est également insuffisante pour un jeu qui se veut être une aventure de longue haleine. On regrette l’absence de véritables mécaniques de raid complexes qui pourraient justifier l’aspect multijoueur.
Une Direction Artistique en Clair-Obscur
Visuellement, Echoes of Aincrad est correct sans être époustouflant. La PS5 affiche le jeu en résolution dynamique (souvent autour de 1440p upscalé) avec un framerate visant les 60 images par seconde, ce qui est essentiel pour un jeu d’action. Le mode « Performance » tient globalement ses promesses, bien que quelques chutes de FPS soient perceptibles lors de gros affrontements avec de nombreux effets de particules.

Le design des étages d’Aincrad est réussi, alternant entre forêts luxuriantes, donjons sombres et architectures flottantes vertigineuses. Cependant, les textures des environnements manquent parfois de finesse en regard des standards actuels de la génération, et les animations faciales des personnages lors des dialogues restent rigides, cassant parfois l’immersion narrative. Le jeu utilise beaucoup d’effets de lumière pour masquer ces défauts, créant une ambiance parfois réussie mais qui ne suffit pas à cacher un manque de polish global.
Une Progression Répétitive et une Durée de Vie Moyenne
C’est sur la durée que Echoes of Aincrad montre le plus ses faiblesses. La boucle de gameplay (accepter une quête, tuer des monstres, récupérer des objets, crafts, recommencer) devient rapidement mécanique. Le jeu souffre d’un manque cruel de quêtes secondaires intéressantes, se reposant trop sur du « fetch quest » (aller chercher tel objet) basique.

Bien que le jeu annonce une durée de vie de 30 à 40 heures pour l’histoire principale, cette estimation semble optimiste si l’on exclut le « grind » nécessaire pour monter son équipement au niveau maximum. Le « endgame » se résume essentiellement à farmer des donjons en boucle pour obtenir des matériaux rares, une activité qui lassera les joueurs non accros au loot avant même d’avoir atteint le 75ème étage.
Conclusion : Un Bon Cru pour les Fans, un Jeu Moyen pour les Autres
Echoes of Aincrad sur PS5 est un jeu de commande. Il coche toutes les cases attendues par un fan de Sword Art Online : l’univers, les personnages, l’ambiance et la sensation de progression dans les étages. La prise en main de la DualSense et la fluidité générale sont des points positifs indéniables.
Cependant, pour le joueur lambda ou celui qui attend un RPG d’action révolutionnaire, le titre risque de paraître creux. Sa répétitivité, son intelligence artificielle limitée et sa réalisation technique simplement « correcte » l’empêchent de rejoindre le cercle des grands jeux de la génération. C’est une aventure sympathique à vivre une fois, surtout en coopération avec un ami, mais qui manque de profondeur pour devenir un incontournable.
Analyse détaillée
Conclusion
Points forts
- Immersion fidèle à l’univers SAO.
- Système de combat dynamique et usage de la DualSense.
- Fluidité générale et temps de chargement réduits sur PS5.
- Bande-son réussie.
Points faibles
- Quêtes secondaires répétitives et sans intérêt.
- Intelligence artificielle des ennemis trop simple.
- Réalisation technique en dessous des meilleurs standards PS5 (textures, animations).
- Endgame basé sur un "grind" fastidieux.
Note de la rédaction
À considérer
Si vous êtes un fan inconditionnel de Kirito et Asuna, Echoes of Aincrad vous offrira de bons moments de nostalgie et d’action. Pour les autres, il est préférable d’attendre une baisse de prix ou de le tester via une location avant de se lancer dans cette aventure qui, malgré son potentiel, reste bloquée à mi-chemin entre le bon jeu de licence et le véritable chef-d'œuvre du genre.
